30
nov
Noël c’est beau.
La grande foire à la gourmandise, à la bêtise, au pognon, salit nos rues de ses lumières criardes. Saint Nicolas j’ai déjà du mal. Y’a aussi ce salaud de Pere Noel …son perpétuel rire gutural qui se moque bien des petites gens qui vont se ruiner, et savent plus pourquoi. Et toutes ces musiques doucereuses qui nous accompagnent jusqu’au tiroir-caisse. Et puis au milieu de tout ça je revois ta trogne goguenarde, sourire en coin, affiché en 4 par 3, comme chaque année, moi qui te croyais mort, on dirait Big Brother. Le Big Brother sadique de notre conscience.
Déjà que le temps est pourrit, que les journées sont courtes, et que les mioches ont décidé de me faire les poches, te voilà encore ! Putain mais lâche moi ! Laisse moi juste une fois me faire la Gastro Du Coeur. Me goinfrer jusqu’aux oreilles. Des rots et haut-le-coeur. Et puis gerber l’excès de champagne… parce que je le peux. On me l’a assez dit, on me l’a bien répété : je le vaux bien.
Mais non te voilà enfoiré. Tu t’y remets. Tu t’en lasse jamais. Tu nous rabaches encore que pour d’autres la fête est moins folle. Tu nous déprimes avec ces familles sans primes. (Ah ben si.. la prime de Noël de 150 euros pour s’acheter une bonne conscience auprès du populo. Et puis ça paiera presque la note de gaz. Un mois au chaud.. quel beau cadeau.. merci Sarko!). Tu me les brises à souligner que le prix de mon ventre plein, que le prix de ma dinde aux marrons, c’est forcément le ventre vide d’un pauvre gosse qui n’est pas bien né. Ras-le-bol de tes conneries.
Et puis « Resto du Coeur »… tu te fous de la gueule de qui? C’est pas un resto : même avec l’euphorie collective ce lieu est encore moins gai qu’un magasin Bio ! Putain heureusement que c’est bien loin du Lafayette Gourmet ! Tu serais foutu de me foutre le cafard quand je remplis mon caddie doré de fois gras entier mi-cuit, de saumon fumé bio…. En décembre j’ai le coeur proche de mon estomac et toi tu arrives à me serrer le tout. J’te l’dis gentiment : ça va pas aider la digestion des petits fours.
Putain t’as gagné. Ça y est j’ai plus faim. Tu me dégoutes. En plus t’es gros. En plus t’es homo. Et je t’écoute quand même. Du coup je ne vais pas acheter toutes ces milliers de calories qui m’entretiennent gentiment dans l’illusion tiède d’un monde d’abondance. Du coup par ta faute je n’alimente pas le moteur de l’économie mondiale : la consommation. Faudra pas te plaindre quand y’aura une crise ! C’est pas à ce rythme là qu’on va faire re-bander le PIB ! On a pas idée de faire fonctionner une société sur le don ! Y’a pas plus coco comme attitude…et pourtant la plus belle niche fiscale, celle qui permet 75% de réduction d’impôts (rien que ça!) et qui coûte plus de 600 millions d’euros à l’état (rien que ça!) nommément « l’article 238 bis du Code Général des Impôts » s’appelle….. « Loi Coluche » !
Comment tu t’es démerdé pour être à la fois l’égérie des riches et le héros des pauvres !
Coluche… enfoiré !


