24

août

by nemesis

Je repousse sans cesse l’échéance, mais un moment venu la convenance sociale est plus forte que ma vive crainte du moment de souffrance à venir. Je suis acculé, je n’ai plus le choix. Il faut y aller.

Prenant mon courage à deux mains et ma résignation dans l’autre, je me dirige d’un pas moyen et l’air lugubre vers l’autel du Moi. Je vais au coiffeur. (Note : Je ne vais pas « chez » le coiffeur de même qu’on ne mène pas la bête « chez » le boucher)

Tout de cette expérience acidifie ma rate déjà fort susceptible.

D’abord l’enseigne. Vous avez remarqué la prétention de ces types, de ces vulgaires tailleurs de poils qui se nomment eux-même « visagiste ». Pourquoi personne ne souligne l’ultime ridicule du narcissisme pompeux du débile aux ciseaux ? Vous imaginez-vous l’employé municipal préposé aux pelouses afficher ostentatoirement un « ingénieur des sols herbeux » sur sa chemise ?

Je vais toujours à ces salons sans rendez-vous. L’idée même de planifier cette épreuve ne ferait que pourrir les jours qui précèdent..je m’y refuse. C’est toujours une décision de dernière minute étrange. Je pousse la porte en grimaçant un peu comme on pousse un étron. Les odeurs de parfumade bas de gamme qui résulte des mélanges de shampoing, laques et autres chimies capillaires m’agressent. Sans un regard, sans un bruit, je m’assied sagement en attendant mon tour. Je sers les dents. J’attrape un magazine.

Le ramassis de médiocrités pseudo-journalistique que l’on trouve sur les sofas des coiffeurs est viscéralement scandaleux. C’est pas possible ! Je me suis sans doute trompé d’adresse ! c’est un temple staracadémiologue ? un atelier de lecture pour militaires microcéphales ? Dans l’immense merdier de la bêtise humaine, le salon de coiffure fait office de fosse à purin. Il en extrait la substantifique moelle, l’essence de l’essence de la chiasse journaleuse la plus fétide, le petit jus aigre et puant de la médiocrité intellectuelle qui fait aujourd’hui office de dénominateur commun dans nos lycées. Cette même littérature  racoleuse qui laisse penser que la noblesse du siècle c’est chanter et/ou montrer son cul . L’endoctrinement des esprits faibles dans le culte du Moi passe par Gala.

C’est mon tour. Merde.

Shampoing. Le jeune apprenti taille-poil boutonneux me présente la blouse à la con. Cette putain de blouse..devant ? derrière ? avec manche ? ma gaucherie à cette exercice me vaut toujours un sourire complice. Merde. Maintenant au bac à shampoing. « pas trop chaud ? – non ça va ». Merde. Je m’en veux de céder à la convenante politesse. Il m’arrose du cocktail maison qui fait office de shampoing, un mélange chimique mousseux concocté avec les fonds de bouteille, avec des relents dégueulasses de bonbon, colle à bois et noix de coco. Il aime quand ça mousse le jeune con. Je sens bien qu’il me masturbe la tête. J’ai des nausées dès que je pense à l’horreur de ces mains qui palpent et massent. Combien de têtes avant moi sont passées là ? Combien de glandes sudoripares ont dégoulinées leur jus tiède et âcre sur ces doigts sales ? Combien de cheveux gras inconnus ? Combien de croustillantes chips pelliculaires ? vous connaissez la pédiculose, la parakératose, la trichomalacie, les verrues digitée, vous connaissez l’acnée décalvante, la maladie de Quincaud, la folliculite, l’éxotique « corona seborrhoïca » de Unna, la dermatose squameuse qu’est le psoriasis, La cutis verticis gyrata, la pachydermie vorticellée, la dermatose de Brocq, la gale norvégienne, le  granulome télangiectasique de Bennecke et Küttner, et puis l’hidradénome verruqueux fistulo-végétant de Darier (c’est pas magnifique cette locution : « fistulo-végétant » ?), la syringocystadénome papillifère de Werther, la poétiquement nommée « teigne tondante à petites spores » de Graby-Sabouraud, le lupus érythémateux chronique, l’alopécie mucineuse de Pinkus ou bien encore le naevus sébacé de Jadassohn ? Non ça vous dis rien. Tant mieux. Le préposé aux shampoing ne porte pas de gants.

Avec un jean trop serré pour seul habit de lumière, le toréador des ciseaux, la ballerine du peigne, bref, le grand con qui fera office de coiffeur…entre en scène.

Vous avez remarqué ce tic, qui à force d’être obsessionnel se rapproche d’une version d’un TOC généralisé à la famille des capilliculteurs : « vous avez le cheveu souple ! » Mais non gros nase ! on dit « les cheveux » ou bien « la chevelure ». Reparle-moi encore des qualités intrinsèques de « mon cheveu » et je promets de te donner un bon coup de coude dans LE couille .

Malheureusement, ce mauvais départ sur ce mauvais échange sur mon système pileux n’était qu’un tremplin vers l’immense piscine de niaiseries fades que ce connard efféminé a rempli au fil des ans. J’étais sûr qu’il m’avait repéré comme un félin renifle sa proie. Je m’inquiète sur mon fauteuil encore chaud du séant précédent. Je nourris un ultime espoir d’échapper au pire. Mais au fond je le sais, je n’y échapperai pas. C’est trop tard. Je suis fait… Il parle.

Il a commencé léger et classique par quelques banalités d’ordre météorologique. Je me suis abstenu. Puis il s’est prévisiblement engagé sur la pente savonneuse des trivialités débiles. J’ai souffert. Voilà des années que le mou fistule qui fait office de cerveau à ma ballerine aux ciseaux, se remplit de niaiseries populaires au bon vouloir de TF1, des télé-réalités en tous genres ou des « reportages en régions » de Jean-Pierre Pernaut. En fonction du programme Tv et grâce au nivelage par le bas de l’éducation nationale, le pustule s’est gonflé de mièvreries minables inspirées des séries américaines aseptisées. Les idées simplistes et manichéennes ont fait leur lit dans la boue croupie de ce cerveau semi-léthargique endormi dans l’arrogance chauvine d’un empire en déclin. Les opinions copié-collé de cet abruti en shorty Armani  sont   la trace collante de la limace glaireuse de la bien-pensance. Par ricochet sur ce putain de miroir, il m’a vomit ses opinions à deux balles. C’est pas banal quand un homosexuel vous enfile ses idées éculées (elles aussi) . Rien n’y fait. Par convulsions saccadées il me balance sa diarrhée verbale sur la gueule. Aucun abris. Un déluge de naiseries aussi fades qu’imbéciles se déversent en de fortes et insoutenables vagues. Pleine face. Je n’ose même pas commenté l’image de ma nuque dans le miroir : je sais que c’est l’exutoire..

J’ai des cheveux sur le front. Des cheveux dans la nuque. Des cheveux sur ma chemise. Je suis éreinté. Je règle, avec un avant-goût de liberté, mon droit de sortie de cette antre machiavélique.

Il me dit « à bientôt ».

Merde.

29

juil

by nemesis

corrida, la culture et la viande. troll.okyler.net

Sous d’honteux prétextes bien-pensants, d’idiots politiques ont coupé court à une culture séculaire. Notre Europe puritano-catholico-américanisante se satisfait de cette « avancée ». Avec de longues diatribes populistes, les journaleux soutiennent cette souillure vicelarde de notre héritage culturel. Ce serait une avancée de l’humanité. Bandes de crétins, vous piétinez la mémoire de vos pères, vous annihilez la diversité culturelle…cette fameuse diversité que vous prétendez défendre par ailleurs (diversité des peuples, diversité des langues, « gens de la diversité », biodiversité)

Vous voyez un taureau tué et vous vous révoltez ? Bande de couillons, au temps des poissons carrés, des poulets en batterie, de la viande sous cellophane, vous avez oublié que notre régime alimentaire est une gigantesque tuerie. Un énormissime massacre. Une fantastique boucherie. Il faut TUER pour manger ! Il faut égorger, trancher, électrocuter. Vous tous les bien-pensants de la culture BIO, n’oubliez pas qu’il faut retirer le doux petit agneau de sa mère et l’égorger pour faire les petites brochettes de vos douces soirées d’été. Rappelez vous que les petits poussins tout doux ne vivent que 80 jours avant d’être électrocutés.Q’un porc de 100Kg vit dans 0,66m2 toute sa vie.

Heureusement, pour ne pas blesser votre petite conscience fragile, les grands distributeurs présente les viandes tranchées menu…impossible d’y voir un animal, impossible d’y voir une autre vie consciente détruite pour la satisfaction de vos papilles et le remplissage de vos trippes. Un bout de viande c’est un autre produit consommable, c’est une ligne sur une liste de course, entre lessive et insecticide. Foutaise : la voilà la vérité : Vous mangez du cochon mort. Vous mangez de l’agneau mort. Vous mangez du poulet mort.

corrida elevage intensif bovin troll.okyler.net

corrida elevage intensif bovin troll.okyler.net

Voyez ces bœufs cloitrés sans un brin d’herbe dans les plaines américaines. Pas un brin d’herbe. Que de la saloperie de bouffe en granules composée en partie de médicaments et d’autres animaux broyés. Des bœufs en surnombre qui vivent dans leur propre merde. Pas un arbre pour s’abriter du soleil ou de la pluie. Mettez-vous à leur place bande de cons : ça ressemble a un putain de camp de concentration : c’est ça qui mérite votre révolte ! C’est tous ces putains de Fastfood, Mc Do en tête, qui grossissent vos gosses avec cette viande malade.

taureaux libres troll.okyler.net

Comparez ça aux taureaux nobles élevés en plein air au soleil d’Espagne. Dans des plaines grasses immenses à l’ombre des oliviers et des chênes verts. En parfait état de liberté. La corrida ? Voyez la grandeur des préparatifs. Voyez l’immensité de la cérémonie. Pourquoi l’habit de lumière parfait ? les heures de travail, de broderie, de joaillerie, d’ajustements ? pour la foule ? non idiot ! : Pour le Taureau. Pour tenter d’être à la hauteur de sa bravoure.. Il ne se prétend pas mieux que la bête, il foule le même sol, il respire le même air, il est dans la même arène. Il y a un respect mutuel, une peur mutuelle. Pour tuer le taureau, le toréador doit communier avec lui. L’espace d’un instant ne faire qu’un. Lier leur cœur par une lame d’acier. Quoiqu’il arrive, avec la plus belle des prestations, le toréador n’emportera que les oreilles et la queue…il n’aura jamais sa tête, ses muscles ou son cœur qui sont emplis de la plus pure bravoure.

Corrida : Force et beauté

Ce n’est pas un jeu. C’est beaucoup plus qu’un toréador contre un bovin. C’est une rencontre entre l’homme et sa nature…animale. Avec le « développement », la « croissance », nos valeurs profondes se pervertissent et se déguisent. La force s’est muée en gonflette esthétique, la liberté en un leurre contrôlé, la beauté en dictat imposé et qu’est-il devenu de la dignité ?. Vivre la corrida, c’est se souvenir du sens premier de ces mots : Courage, Force, Dignité, Respect, Liberté et Beauté.

6

juil

by nemesis

En avril 2000, Renaud Camus publiait « La campagne de France « , livre dans lequel il s’étonnait de la présence de certains journalistes juifs, les citant nommément, sur les ondes de France-Culture. Peu de temps après éclatait « l’affaire Camus ». De nombreux intellectuels et écrivains se sont indignés de l’antisémitisme soft de Renaud Camus (parmi eux Jacques Derrida, Jean Pierre Vernant, Claude Lanzmann, Philippe Sollers, J-A Miller, etc…).

Au nom de la morale, des droits de l’homme ou des bons sentiments, les bien-pensants ont inscrit dans la loi l’interdiction des propos racistes, antisémites ou négationnistes. Invoquant le respect de la vie privée, la défense des bonnes mœurs ou la protection des secrets d’État, ils ne tolèrent pas davantage que certaines informations soient dévoilées. Au point qu’il devient légitime de s’interroger : est-il encore permis, en France, de penser et de débattre librement ? Criminaliser certaines opinions, fussent-elles abjectes ou aberrantes, n’est pas acceptable dans une démocratie.

Vous rêvez, nous dit-on, le pétainisme n’existe plus, Drumont, Maurras, l’Action française, tout cela est dépassé, c’est vous qui avez besoin de les évoquer pour vous poser en protestataire artificiel, vous et ces intellectuels-flics de la France soi-disant pensante mais qui n’est en réalité que celle des maîtres de l’heure, celle de la pensée unique, dictatoriale, pseudo-subversion encouragée, poudre aux yeux morale sur fond de décomposition festive accélérée - P.Sollers

Tout doit pouvoir être discuté. Les Français sont adultes. Il faut en finir avec cette caporalisation de la pensée, cette  » exception française « , l’autre nom de la censure, dans le domaine de la liberté d’expression pour qu’en France nous n’ayons plus seulement le droit de nous taire.

Postulat de base, pourrait-on croire, et droit imprescriptible figurant dans notre Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen depuis la Révolution française, la liberté de pensée, de parole et d’opinion reste et doit rester un droit fondamental et sacré. Emmanuelle Duverger, juriste, et Robert Mesnard, fondateur de Reporters sans frontières,  montrent que, de façon insidieuse, c’est de la démocratie même que vient maintenant la privation des libertés. « Il n’est pas acceptable dans une démocratie de criminaliser certaines opinions quelles qu’elles soient » soulignent-ils. En France, les propos d’un général Aussaresses sur la guerre d’Algérie, l’antisémitisme affiché d’un Renaud Camus dans La Campagne de France ou les propos sur l’Islam tenus par un certain Michel Houellebecq ont été passibles de poursuites pénales. La libre expression et le débat sont en recul dans notre démocratie. Selon eux, la démocratie protectionniste dans laquelle nous évoluons marche trop bien, tant elle est prompte à « criminaliser, stigmatiser, interdire » tous discours supposés déviants.

En France, nous sommes pour la liberté d’expression si cette expression est la plus inaperçue et policée possible. Nous avons le droit de mal penser, nous dit-on, en laissant entendre que moins on pensera mieux cela vaudra. Or le Mal radical, c’est justement l’absence de pensée. Penser le Mal écarte du Mal. Ne pas le penser y conduit, dans une meurtrière banalité. Le droit de mal penser, sans penser à mal, devient peu à peu la bien-pensance nouvelle.

Qui sont les bien-pensants ? Ils sont à côté de vous, mais on ne voit qu’eux. Les bien-pensants sont présents dans tous les lieux publics. Ils prêchent la bonne parole, revendiquent le monopole du coeur, s’arrogent tous les droits: de juger de tout, de vous encenser ou de vous condamner, de refaire le monde, de revisiter l’histoire, de changer la société, les moeurs, la vie, et même, disent-ils parfois, de changer l’avenir! Les avez-vous reconnus? À les entendre, ils sont incomparablement plus doués que vous, plus justes, plus solidaires, plus tolérants, plus ouverts, plus « modernes » en un mot. Vous les avez identifiés: ce sont les nouveaux moralistes, ceux qui se réclament de la bonne conscience, et en ont fait leur marché. Si vous n’adhérez pas à leurs idées, vous serez montré du doigt, ridiculisé sans doute, diabolisé au pire. Tel est le prix à payer pour entrer dans le cercle de la pensée unique: le suivisme. Le masque tombe: les bien-pensants ne sont ni ouverts, ni tolérants, ni « libérés », ni modernes. C’est tout le contraire.

Le bien-pensant se reconnaît à son goût pour les idées abstraites fondues sur un lit de bons sentiments. Tout son art tient à la maîtrise d’un discours emphatique bercé de litanies de cause altruistes. En outre, il est persuadé que sa génération a permis à l’humanité de faire plus de progrès qu’en 2000 ans d’histoire, et que ces progrès sont irréversibles. C’est la posture prométhéenne des bien-pensants qui s’attribuent toutes les « avancées » sans distinction aucune. Inutile donc de vouloir amener le bien-pensant sur un autre terrain que le sien. Emmuré dans ses certitudes, prisonnier de son utopie, encapuchonné dans la bonne conscience, il est imperméable à toute objection. Le bien-pensant ne change pas, ou rarement, mais ce qui est sûr, c’est que lui veut changer les autres de gré ou de force, et qu’il s’en donne les moyens.  La fête peut continuer…

Les bien-pensants manipulent votre opinion. Le piège s’est refermé sur vous : c’est grâce à eux que Ribéry, simple témoin dans une affaire de proxénétisme, s’est retrouvé l’accusé public , trainé dans le caniveau médiatique, pour avoir payé les services d’une pute… Combien de média ont souligné que la prostitution n’est pas interdite ?

au fait, on peut encore dire « pute » ? non ?