11

jan

by nemesis

La belle et douce période de l’hypocrisie malsaine s’épanouie en même temps que les soldes. Et que ça se bouscule ! on s’en balance des « bonne année » dans la gueule ! Des meilleurs vœux jusqu’à vomir ! A tel point que ce n’est plus qu’une banale formalité obligatoire et emmerdante.

Exercice de calcul mental : Combien de fois direz vous « Bonne année » à des hordes de connards que vous préféreriez conspuer ? A combien d’êtres insignifiants, inodores et indolores direz-vous « …et surtout la santé » alors qu’ils ne méritent que votre indifférence ? A coup sûr à cet enculé de facteur qui ne fait jamais grève dans les semaines qui précèdent les étrennes. A coup sûr à ce débile de coiffeur dont la tumeur têtale est sans doute remplie de ce foutre visqueux qui lui sert de shampoing. A coup sûr à ces connards de collègues de travail qui font office de décor vivant (j’aurai préféré un aquarium : j’ai toujours rêver de chasser un collègue pénible dans les chiottes). A coup sûr à une vieille tata… et surtout la santé…et vous pensez « pour combien de temps encore ? ». A coup sûr à une belle tripotée de connards que vous insulterez demain s’il gagnent une seule place dans un bouchon sur le périph, une seule place dans une file d’attente à la poste : je propose un traitement préventif salutaire : foutez leur une bonne torgnole ! comme ça… pour rien…ah, et j’oubliais… surtout la santé !

Je trouve déjà dégueulasse, honteux, voire scandaleux de souhaiter « Bon appétit » pendant les fêtes. Blasé que nous sommes de l’abondante nourriture, la seule inquiétude proprement viscérale est la qualité de notre appétit, la qualité de notre digestion et la bonne fermeté de nos étrons. On a tous bouffé comme Monsieur Créosote ! On est prêt à exploser ! Encore une petite menthe ? voilà la petite menthe : pensez une seconde que les sommes dépensées en régimes et produits amaigrissants suffiraient à éradiquer la faim dans le monde ! Bonne année MON CUL !

Tu t’en doutes ami lecteur, les doucereux « Bonne année », hypocrites à souhait, m’acidifient la rate. Nous sommes des connards de privilégiés. On vie en zone tempérée loin des plus gros caprices climatiques. On a un système politique stable. Pas de conflit majeur. On a atteint un tel point de calmitude que nos autorités ne savent plus avec quel fléau nous menacer. (Si bien que les médias inféodés sont obligé de nous servir de l’AQMI réchauffé quand quelques pauvres démunis sahariens veulent gagner un peu de sous avec une « classique » prise d’otage)

Lachez-moi la grappe avec vos « Bonne Année » hypocrites. Je vous emmerde. Evidemment que l’année sera bonne : on aura à bouffer et on aura un toit… ça vous situe dans la toute toute petite case des très gros privilégiés à l’échelle planétaire !  … et pourtant les Français (les cons !) sont plus pessimistes que les Afghans ! et plus pessimistes que les Irakiens ! IN-CRO-YABLE !

Ben oui, le Français est un blaireau, une sale race bouffie d’une arrogance exécrable. Si bien qu’il estime que son assiette n’est jamais assez garnie. Qu’il n’a pas la destinée royale qui lui est dû. Un pays tout entier truffé-gavé de petits rois frustrés ! Beurk Beurk Beurk ! Remarquez on a bien le président qu’on mérite non ? On donne des leçons, on se plaint bruyamment, on gesticule, on méprise l’autre (le voisin, l’arabe, le rom, le pédé, le coiffeur – en même temps le coiffeur c’est normal -, le facteur, le flic, les profs… ), on abuse, on insulte les pov’cons…

Y’a pas photo. Nous sommes une société DESOR.

C’est quoi une société DESOR ? DESOR comme désordre ? et bien non c’est une étude éthologique qui montre que sur 6 individus pris au hasard, il va se créer une hiérarchie naturelle : 3 Maîtres violents, 2 esclaves exploités, 1 autonome. Et puis, à plus grande échelle, les exploitants se hiérarchisent en Maîtres et lieutenants, tandis que les esclaves sont encore plus cruellement exploités , ils sont parfois torturés voire tués. Aussi étrange que cela puisse paraître, l’étude montre que les Maîtres sont les sujets les plus stressés : un Maître sans esclave se laisse mourir, et un Maître sous anxiolytique devient autonome ce qui fait simultanément disparaître la hiérarchie.

Conclusion :

  • Plus la société est nombreuse et plus la cruauté augmente
  • Les Maitres ont besoin de la terreur pour conserver leur statut
  • La Terreur est la pièce maîtresse de la hiérarchie sociale

Didier Dessor travaille au laboratoire de biologie du comportement et de psychologie de l’université de Nancy. Son étude porte sur une société de rats.

« On ne doit pas laisser mourir les gens comme des bêtes… D’ailleurs, les bêtes sont des êtres humains » (Sarkozy, Juin 2008)

Prenez un peu de recul, observez  objectivement :

vous serez quel rat en 2011 ? Maître, autonome ou….esclave ?

Bonne Année …. MON CUL !

24

août

by nemesis

Je repousse sans cesse l’échéance, mais un moment venu la convenance sociale est plus forte que ma vive crainte du moment de souffrance à venir. Je suis acculé, je n’ai plus le choix. Il faut y aller.

Prenant mon courage à deux mains et ma résignation dans l’autre, je me dirige d’un pas moyen et l’air lugubre vers l’autel du Moi. Je vais au coiffeur. (Note : Je ne vais pas « chez » le coiffeur de même qu’on ne mène pas la bête « chez » le boucher)

Tout de cette expérience acidifie ma rate déjà fort susceptible.

D’abord l’enseigne. Vous avez remarqué la prétention de ces types, de ces vulgaires tailleurs de poils qui se nomment eux-même « visagiste ». Pourquoi personne ne souligne l’ultime ridicule du narcissisme pompeux du débile aux ciseaux ? Vous imaginez-vous l’employé municipal préposé aux pelouses afficher ostentatoirement un « ingénieur des sols herbeux » sur sa chemise ?

Je vais toujours à ces salons sans rendez-vous. L’idée même de planifier cette épreuve ne ferait que pourrir les jours qui précèdent..je m’y refuse. C’est toujours une décision de dernière minute étrange. Je pousse la porte en grimaçant un peu comme on pousse un étron. Les odeurs de parfumade bas de gamme qui résulte des mélanges de shampoing, laques et autres chimies capillaires m’agressent. Sans un regard, sans un bruit, je m’assied sagement en attendant mon tour. Je sers les dents. J’attrape un magazine.

Le ramassis de médiocrités pseudo-journalistique que l’on trouve sur les sofas des coiffeurs est viscéralement scandaleux. C’est pas possible ! Je me suis sans doute trompé d’adresse ! c’est un temple staracadémiologue ? un atelier de lecture pour militaires microcéphales ? Dans l’immense merdier de la bêtise humaine, le salon de coiffure fait office de fosse à purin. Il en extrait la substantifique moelle, l’essence de l’essence de la chiasse journaleuse la plus fétide, le petit jus aigre et puant de la médiocrité intellectuelle qui fait aujourd’hui office de dénominateur commun dans nos lycées. Cette même littérature  racoleuse qui laisse penser que la noblesse du siècle c’est chanter et/ou montrer son cul . L’endoctrinement des esprits faibles dans le culte du Moi passe par Gala.

C’est mon tour. Merde.

Shampoing. Le jeune apprenti taille-poil boutonneux me présente la blouse à la con. Cette putain de blouse..devant ? derrière ? avec manche ? ma gaucherie à cette exercice me vaut toujours un sourire complice. Merde. Maintenant au bac à shampoing. « pas trop chaud ? – non ça va ». Merde. Je m’en veux de céder à la convenante politesse. Il m’arrose du cocktail maison qui fait office de shampoing, un mélange chimique mousseux concocté avec les fonds de bouteille, avec des relents dégueulasses de bonbon, colle à bois et noix de coco. Il aime quand ça mousse le jeune con. Je sens bien qu’il me masturbe la tête. J’ai des nausées dès que je pense à l’horreur de ces mains qui palpent et massent. Combien de têtes avant moi sont passées là ? Combien de glandes sudoripares ont dégoulinées leur jus tiède et âcre sur ces doigts sales ? Combien de cheveux gras inconnus ? Combien de croustillantes chips pelliculaires ? vous connaissez la pédiculose, la parakératose, la trichomalacie, les verrues digitée, vous connaissez l’acnée décalvante, la maladie de Quincaud, la folliculite, l’éxotique « corona seborrhoïca » de Unna, la dermatose squameuse qu’est le psoriasis, La cutis verticis gyrata, la pachydermie vorticellée, la dermatose de Brocq, la gale norvégienne, le  granulome télangiectasique de Bennecke et Küttner, et puis l’hidradénome verruqueux fistulo-végétant de Darier (c’est pas magnifique cette locution : « fistulo-végétant » ?), la syringocystadénome papillifère de Werther, la poétiquement nommée « teigne tondante à petites spores » de Graby-Sabouraud, le lupus érythémateux chronique, l’alopécie mucineuse de Pinkus ou bien encore le naevus sébacé de Jadassohn ? Non ça vous dis rien. Tant mieux. Le préposé aux shampoing ne porte pas de gants.

Avec un jean trop serré pour seul habit de lumière, le toréador des ciseaux, la ballerine du peigne, bref, le grand con qui fera office de coiffeur…entre en scène.

Vous avez remarqué ce tic, qui à force d’être obsessionnel se rapproche d’une version d’un TOC généralisé à la famille des capilliculteurs : « vous avez le cheveu souple ! » Mais non gros nase ! on dit « les cheveux » ou bien « la chevelure ». Reparle-moi encore des qualités intrinsèques de « mon cheveu » et je promets de te donner un bon coup de coude dans LE couille .

Malheureusement, ce mauvais départ sur ce mauvais échange sur mon système pileux n’était qu’un tremplin vers l’immense piscine de niaiseries fades que ce connard efféminé a rempli au fil des ans. J’étais sûr qu’il m’avait repéré comme un félin renifle sa proie. Je m’inquiète sur mon fauteuil encore chaud du séant précédent. Je nourris un ultime espoir d’échapper au pire. Mais au fond je le sais, je n’y échapperai pas. C’est trop tard. Je suis fait… Il parle.

Il a commencé léger et classique par quelques banalités d’ordre météorologique. Je me suis abstenu. Puis il s’est prévisiblement engagé sur la pente savonneuse des trivialités débiles. J’ai souffert. Voilà des années que le mou fistule qui fait office de cerveau à ma ballerine aux ciseaux, se remplit de niaiseries populaires au bon vouloir de TF1, des télé-réalités en tous genres ou des « reportages en régions » de Jean-Pierre Pernaut. En fonction du programme Tv et grâce au nivelage par le bas de l’éducation nationale, le pustule s’est gonflé de mièvreries minables inspirées des séries américaines aseptisées. Les idées simplistes et manichéennes ont fait leur lit dans la boue croupie de ce cerveau semi-léthargique endormi dans l’arrogance chauvine d’un empire en déclin. Les opinions copié-collé de cet abruti en shorty Armani  sont   la trace collante de la limace glaireuse de la bien-pensance. Par ricochet sur ce putain de miroir, il m’a vomit ses opinions à deux balles. C’est pas banal quand un homosexuel vous enfile ses idées éculées (elles aussi) . Rien n’y fait. Par convulsions saccadées il me balance sa diarrhée verbale sur la gueule. Aucun abris. Un déluge de naiseries aussi fades qu’imbéciles se déversent en de fortes et insoutenables vagues. Pleine face. Je n’ose même pas commenté l’image de ma nuque dans le miroir : je sais que c’est l’exutoire..

J’ai des cheveux sur le front. Des cheveux dans la nuque. Des cheveux sur ma chemise. Je suis éreinté. Je règle, avec un avant-goût de liberté, mon droit de sortie de cette antre machiavélique.

Il me dit « à bientôt ».

Merde.