Jean-Paul Guerlain : j’ai travaillé comme un nègre par ParlonsTV
Réponse d’Audrey Pulvar à Guerlain par TELEOBS
Audrey Pulvar s’érige en petit sergent de la milice idéologique, et du bien-penser. C’est une maladie très journaleuse, une espèce de morpion que tous ces gratte-papiers se refilent gaiement. C’est une infection. C’est dégueulasse. Mais là, Audrey Pulvar culmine très haut sur le sommet du ridicule et de la connerie primaire.
Tu n’as rien compris pauvre demeurée. Sans doute étais-tu aveuglée dans ta volonté gauchiste de clouer le bec à un grand homme dont le succès (ouh c’est sale!) est attaché à l’industrie du luxe (ouh c’est encore plus sale !).
« Fort comme un turc », « soûl comme un polonais » ou « travailler comme un nègre » ne sont aucunement les traces d’un racisme ordinaire. Aussi regrettable qu’elles soient, pour un idiot qui les lit au pied de la lettre, ces locutions sont des expressions ordinaires de notre langue. Elles ne visent aucunement les Turc, les Polonais ou les nègres. Elles sont les traces de notre Histoire fossilisées sur le chemin évolutif de notre langue.
- « Fort comme un Turc » vient de la conquête puissante de l’empire Ottoman au 14eme et 15ème siècle
- « Soûl comme un Polonais » fait référence à l’extraordinaire capacité de boire sans s’enivrer des lanciers polonais de la Garde Napoléonienne à la bataille de Somosierra (1808)
- « travailler comme un nègre » fait référence à la période du commerce triangulaire, où les esclaves africains travaillaient jusqu’au bout de leur force, sans aucune forme de gratitude. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un « nègre » n’est plus un noir africain dans la langue française d’aujourd’hui !
Alors évidemment, dans la nouvelle France bien-pensante, puritano-américaine, ces locutions, qui sont notre héritage, ne sont plus les bienvenues. Et les petits sergents de la milice idéologique veillent. Et Guerlain le sait bien. Il sait que ses mots sont épiés. Il est un gros bonnet. Une proie de choix. Il prend un gros risque en direct.
Lorsqu’il annonce avoir « travaillé comme un nègre », il sait qu’il vient de faire un faux-pas linguistique au beau milieu de la meute du bien-penser. Il a utilisé un mot interdit ! « Nègre »…un de ces mots sur la liste grandissante des interdits (y’a aussi juif, arabe, handicapé, nain etc…) . Il a un genou à terre. Dans une manoeuvre de sauvetage aussi improvisée que maladroite, il tente alors de se rattraper, de corriger, en soulignant l’anachronisme de cette locution, en dénonçant son aspect caricatural. Mais là il se vautre, il se prend les pied dans le tapis, le remède apparaît encore pire que le mal !. En décousant le mot « travailler » du mot « nègre » il vient de refermer le piège sur lui !
4 jours plus tard, on interprète, on déforme, on sort du contexte et voilà le raccourci d’Audrey PULVAR : « Guerlain affirme que les africains sont des fainéants ». N’importe quoi !. Pauvre conne d’Audrey Pulvar…tu n’a rien compris…tu est à contre-temps…mais tu t’en fous. Un coup de pied en retard c’est un coup de pied quand même. Dans sa face. C’est bon d’abimer un plus important que toi ?
Quelle lâcheté d’attaquer, sans motif, par média interposé, sans droit de réponse possible ! Quelle mièvrerie de se pavaner ensuite sur les plateaux TV pour illustrer ta « pseudo-bravoure » ! Tu sais que tu es à peine un morpion dans le paysage journalistique français alors tu veux donner de la hauteur à ton propos, tu te dresses alors comme un sale petit pigeon sur la statue du grand Aimé Césaire. Et pareillement, tu lui fait couler sur la tête la fiante âcre et fétide du journalisme contemporain le plus puant. Tiède lui aussi. N’as-tu pas honte Audrey Pulvar ?
Tu as vomi ton venin petite conne ! Tu as dégueulé tes propos insultants ! Crois-tu une seconde que de cracher sur Guerlain t’apporte de la grandeur ? Tu es contente, tous tes amis bien-pensants te mettent sous les projecteurs ? tu goûte à la célébrité ? tu es une journaliste engagée ?
La prochaine fois que te traverse l’idée de salir sans comprendre Audrey Pulvar : FERME TA GUEULE ! et va plutôt taguer les tombes des grands reporters tombés pour la Vérité…ça reviendra au même.
Après l’exécutif, le législatif et le judiciaire, la presse (sous toutes ses formes) est souvent qualifiée de 4ème
pouvoir. Un phénomène qui ne date pas d’hier, mais auquel la télédiffusion d’abord radio, puis visuelle et enfin
électronique donne une dimension toute particulière où se combinent, pour mieux amplifier les émotions
qu’elles suscitent, la rapidité, les images et l’écrit (électronique). Et, de fait, la surexposition à laquelle est
soumis le citoyen par ce pouvoir a tendance à faire de ce dernier une sorte de référentiel du bien penser pour
les 3 autres.
C’est oublier toutefois que, contrairement aux principes soigneusement peaufinés de régulation des autres
pouvoirs – constitutionnels, eux – la presse n’a comme étendard de sa légitimité que sa « déontologie » qui
n’est même pas, comme chez d’autres corps professionnels (médecins, avocats, …) défendue et régulée par un
ordre avec ses instances arbitrales internes. D’ailleurs avez-vous déjà vu un journaliste condamné par ses
confrères à un silence médiatique (qui est la peine suprême) ? Au contraire il est sollicité avec bienveillance par
tous pour justifier sa turpitude alléguée.
Donc la presse est libre… de presque tout faire ou dire, en quasi-totale impunité (au plus risque-t-elle la
diffamation, mais dont elle sait retourner au profit de sa propre notoriété la condamnation qui la frappe -
parfois).
Mais, depuis quelques temps, les commentateurs, qu’ils soient humoristes (à la Stéphane Guillon ou Didier
Porte), polémistes (comme ceux du Canard enchainé dont c’est le fond de commerce), d’investigation (comme
M. Plenel avec Mediapart) ou plus classiquement journalistes éditorialistes (tel Jean-Michel Aphatie) se sont
engagés sur la voie de la moralisation active, si ce n’est militante, de notre société. Tel commentaire sur la vie
privée de M. Strauss-Kahn, sur le standing de vie parisien de certains serviteurs de la République domiciliés en
province ou sur le prix de la mission confiée à tel ou tel deviennent des tribunes pour ne pas dire des tribunaux
où l’affirmation du journaliste vaut réquisitoire et jugement en même temps. (Et que dire de la divulgation des
propos scandaleux mais privés d’Anelka, dont on ne sait quelle cause cela sert ? si ce n’est évidemment la
vente du journal qui a « sorti » cette exclu)
Généralement diffusés à une heure de grande écoute et fortement relayés, ces billets, reportages ou
simplement débats traitent l’intéressé comme un « inculpé » (toujours beaucoup plus médiagénique qu’un
« mis en examen ») sur la base d’arguties moralisatrices dont on ne sait à quel référentiel (idéologique, moral,
religieux, éthique, philosophique) elles se rattachent, ni quelle est l’autorité institutionnelle de celui qui les
débite. Et au mieux pour exprimer sa défense l’intéressé n’a-t-il droit qu’à un débat avec un autre … journaliste
(corporatistement solidaire de son confrère accusateur/juge). Je ne mentionne pas les droits de réponse en
petits caractères publiés quand le mal est fait. Etrange conception de la dialectique, pourtant fondement
professionnel de ce métier.
Mais ceux qui jettent la première pierre, entrainant avec eux cohorte de lapidateurs trop contents de cette
audace initiale pour leurs propres papiers, sont-ils eux-mêmes prêts à exposer leurs mœurs, leur mode de vie,
les pratiques professionnelles qui étayent leurs libelles ou tout simplement le cumul de leurs « ménages » ? A
moins qu’une telle investigation ne soit qualifiée d’une atteinte rédhibitoire à leur liberté et ne soit présentée
comme un prétexte pour disqualifier la profondeur ou la pertinence de leurs analyses.
Quand verra-t-on un représentant dûment encarté de ce 4ème pouvoir invité à s’exprimer sur les conséquences
que ses propres faiblesses (après tout bien humaines), son appartenance confessionnelle, philosophique ou
politique peuvent avoir sur la qualité de ses investigations ou de ses éditoriaux ? Avec comme débateurs, des
représentants des autres pouvoirs rompus, eux, à l’expression argumentée et dialectique de leur position !
Peu de chances malgré tout car la peur des représailles serait plus forte que le souci d’un juste équilibre des
forces et d’une relativité de la vérité. A croire que l’ego est un puissant catalyseur du compromis.
propos de Dominique PAGES – Juin 2010

